À quoi reconnaît-on une maison basque traditionnelle ?

Une maison basque traditionnelle se reconnaît d’abord à ses murs blanchis à la chaux, à ses pans de bois et volets peints, le plus souvent dans un rouge sombre appelé « rouge basque », et à son large pignon qui sert de façade principale sous un toit à deux versants en pente douce. Ce modèle, celui de la ferme du Labourd, est devenu l’image de toute la région, mais le Pays basque français compte en réalité plusieurs types de maisons, et le style a été largement copié bien au-delà de ses frontières.

L’etxe, une maison et une institution

En basque, la maison se dit etxe. Le mot ne désigne pas seulement un bâtiment : dans la société basque traditionnelle, la maison est une unité à la fois économique, familiale et religieuse. Elle porte un nom, qui sert souvent à désigner ses habitants, et elle était transmise à un seul héritier afin de ne pas être morcelée. On trouve aussi le terme baserri pour la ferme.

Au-dessus de la porte, le linteau (atalarri) est d’ailleurs souvent gravé du nom des propriétaires et parfois de motifs religieux, comme un soleil.

Les trois grands types de maisons basques

L’architecture varie d’une province à l’autre. Côté français, on distingue habituellement trois familles.

La maison labourdine

C’est la plus connue, celle des environs de Bayonne, d’Espelette, d’Ainhoa ou de Sare. Elle forme un long bloc rectangulaire, avec des pans de bois apparents en façade, peints en rouge brun, et souvent un porche d’entrée appelé lorio. Le toit à deux versants déborde largement, surtout du côté de l’entrée.

La maison bas-navarraise

Plus à l’intérieur des terres, en Basse-Navarre, la maison est principalement en pierre, avec une façade plate, sans porche ni colombages, sauf parfois sur la partie située au-dessus du premier étage.

La maison souletine

En Soule, la maison se rapproche de l’habitat pyrénéen et béarnais : murs en pierre ou en galets, toits pentus couverts d’ardoises, souvent terminés par un léger relevé en bas de pente. La porte s’y ouvre fréquemment sur un mur latéral.

Une façade tournée vers l’est

Dans le Labourd, l’entrée de la maison est traditionnellement placée à l’est. La raison est climatique : les vents d’ouest venus de l’océan apportent la pluie, et la façade principale, avec la porte et la plupart des ouvertures, est ainsi mise à l’abri. Le toit est à deux versants peu inclinés, dont le faîtage déborde surtout du côté est pour protéger la façade.

Au fil des agrandissements, beaucoup de maisons labourdines ont pris une façade dissymétrique, un trait que le style néo-basque reprendra et accentuera.

Des murs blanchis à la chaux

Là où d’autres régions laissent la pierre apparente, la maison basque est enduite puis chaulée. Les murs étaient traditionnellement reblanchis une fois par an, souvent en juin, avant la Fête-Dieu. Seuls les encadrements des ouvertures, en pierre (parfois en grès rose), les pans de bois et les volets échappent au blanc, et c’est ce contraste qui donne à la façade sa légèreté.

Revers de cet aspect : sur une façade exposée aux pluies, le blanc grisaille et des mousses apparaissent. Le badigeon à la chaux, mélange d’eau, de chaux et souvent de pigments, demande un support minéral et poreux. Avant de nettoyer ou de repeindre une façade ancienne, il faut donc savoir sur quoi l’on travaille : enduit à la chaux, enduit au ciment, ancienne peinture. Le produit et la méthode de nettoyage en dépendent.

Pourquoi les colombages sont-ils rouges ?

Les colombages, ou pans de bois, sont l’ossature de poutres qui structure le mur, les espaces entre les pièces de bois étant remplis de maçonnerie ou de torchis. Dans la maison labourdine, ces bois, comme les volets, sont le plus souvent peints en rouge foncé.

L’explication la plus souvent avancée est qu’à l’origine, les pièces de bois étaient enduites de sang de bœuf, réputé les protéger des insectes et du pourrissement. Elle est reprise partout, mais rarement appuyée sur des sources précises : mieux vaut la considérer comme une tradition orale que comme un fait établi.

Le rouge n’est d’ailleurs pas la seule couleur. Au XIXe siècle sont apparus des bleus et des verts très foncés, parfois un gris très clair. À Arcangues, un bleu plus clair aurait été introduit par le marquis d’Arcangues.

Matériaux et organisation intérieure

La maison basque traditionnelle associe la pierre (murs, encadrements), le bois, avec une charpente en chêne dans le Labourd, et parfois la brique, l’argile ou le torchis pour le remplissage des pans de bois.

C’était avant tout une ferme. Au rez-de-chaussée, une grande pièce centrale, l’eskaratz, où l’on battait le blé, distribuait la cuisine, les étables et les espaces de travail. L’étage accueillait les chambres et le grenier à foin, bien aéré, qui servait aussi à faire sécher les jambons.

Maison basque traditionnelle ou maison néo-basque ?

Beaucoup de maisons « basques » que l’on voit aujourd’hui sont en fait néo-basques. Ce style régionaliste s’est développé de la fin du XIXe siècle jusqu’en 1940 dans les villas de la côte basque et de la côte landaise voisine. Il s’inspire de la métairie labourdine : pignon blanc, faux pans de bois, volets de la même couleur, porte au fond d’un porche. La villa Arnaga, construite à Cambo-les-Bains entre 1903 et 1906 par l’architecte Joseph-Albert Tournaire pour Edmond Rostand, en est un exemple classé monument historique, encore proche du modèle d’origine.

Les architectes ont ensuite pris des libertés : béton armé, toits plus dissymétriques, ouvertures plus nombreuses, bâtiments plus hauts, nouvelles couleurs. Le style a gagné les Landes, avec Hossegor, le Béarn, la Bigorre et même les faubourgs pavillonnaires de Toulouse dans l’entre-deux-guerres. Il connaît un regain depuis les années 2000, par exemple avec le quartier Zubiburu à Ciboure, inauguré en 2008. Une maison basque n’est donc pas forcément située au Pays basque.

Si vous faites construire une maison d’inspiration basque, consultez d’abord le plan local d’urbanisme (PLU) de la commune : il peut encadrer l’aspect extérieur des constructions (couleurs, pentes de toit, matériaux), et certaines communes du Pays basque y sont attentives.

Bien assurer une maison basque

Côté assurance habitation, les obligations dépendent de votre situation :

  • si vous êtes locataire, vous devez au minimum être assuré contre les risques locatifs (incendie, explosion, dégât des eaux) et en fournir l’attestation au propriétaire ;
  • si le logement est en copropriété, l’assurance responsabilité civile est obligatoire pour chaque copropriétaire ;
  • si vous êtes propriétaire occupant d’une maison individuelle, l’assurance n’est pas obligatoire, mais elle reste vivement recommandée : sans elle, un incendie ou un dégât des eaux reste entièrement à votre charge.

Pour une maison de caractère, déclarez précisément la surface, le nombre de pièces et les dépendances (grange, ancienne étable aménagée), car la prime et l’indemnisation en dépendent. Un outil en ligne comme le comparateur d’assurance habitation de LesFurets permet de mettre plusieurs offres côte à côte. Comparez ensuite les garanties, les franchises et les plafonds d’indemnisation dans les conditions du contrat, pas seulement le prix.

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